Eh oui, encore un billet culinaire. Vous allez croire que je suis la reine des fourneaux. Alors oui, en quelque sorte et en toute modestie. Ben quoi, j'ai le droit de me lancer des fleurs passe ke si je comptais sur vous pour me motiver, je ne ferais pas grand chose. Il y a quelques jours, je me suis laissée tenter par une recette simplissime, enfin, c'est ce qu'on dit. Comme rien ne m'arrête, je me suis lancée toute seule comme une grande. Bon, heureusement quand même que Jolie Maman est passée par la cuisine à un moment crucial sinon, vous n'auriez pas de billet à lire. Voilà plusieurs mois que je me dis que les macarons, ok c'est facheun mais il n'y a pas que ça dans la pâtisserie, il y a aussi les choux. Et vlan, voilà t'y pas que les choux deviennent haïpe tendance. Foi de Barbie, j'ai raté les macarons (souvenez-vous, c'était ici) mais je ne raterai pas les choux, trop fastoche. Tout le monde ne s'appelle pas Pierre Hermé ou Fred Michalak (pas celui-ci, c'est le rugbyman) Christophe Michalak certes, mais tout le monde ne s'appelle pas Barbie non plus. Ça se mérite, j'en sais quelque chose. En plus, le parrain de mini-Ken, pâtissier émérite, m'a encouragée en me disant que même un enfant de 5 ans peut faire des choux. Si un mioche peut le faire, je peux le faire. Et puis, je suis aussi une fidèle lectrice du blog B comme Bon qui a toujours de bonnes recettes, dont celle de la pâte à choux, ici.

On est mercredi, jour des enfants, je décide donc de faire plaisir à mini-Ken, fou de chouquettes. Je réunis les ingrédients nécessaires : farine, eau, sucre, beurre 1/2 sel, sucre en grains, et oeufs. Jusque là, j'ai tout bon. Je relis 15 fois au moins la recette sans la retenir alors que j'étais super bonne en récitation de poésies au primaire (va comprendre Bertrande, féminin de Bertrand) et je mets mon tablier de compèt. Je suis fine prête. Tous mes ingrédients sont mesurés pile poil au gramme près car en pâtisserie, c'est bien connu, il faut être super précis, conseil de professionnel (le vrai, pas moi). Je relis encore un coup pour la route et je fais tout comme c'est écrit dans la recette. L'eau, avec le sucre que j'ai failli oublier, a bouilli, j'incorpore la farine en dehors du feu. Je mélange. Bizarre, on dirait de la colle à papier peint bio. Je relis la recette, rien ne semble anormal je continue et je remets sur le feu pour que l'appareil se détache. Au bout de quelques minutes, je réussis à me convaincre d'un air dubitatif que l'appareil est détaché de la casserole. Méthode coué ! Je relis encore la recette des fois que, mais rien ne semble anormal. J'ajoute les oeufs un à un et bien consciencieusement. Le muscle de mon bras droit double de volume. Je change de bras pour équilibrer, j'en conclus que la recette est très physique. Mais je n'oublie pas que je suis une grande sportive et que je ne vais pas me laisser abattre par une vulgaire pâte à choux. Et je n'oublie pas non plus que même un mioche de 5 ans peut le faire. Et j'ai plus de 8 fois son âge (alors, je vous vois sortir vos calculettes et vous dire : Waouh, mais cette Barbie, quelle jeunesse ! Quand on la voit, elle ne fait vraiment pas son âge, mais comment fait-elle ?) Bon, maintenant que les oeufs sont incorporés, je vais attaquer la phase "remplissage de la poche à douille". Bizarre, l'appareil est très liquide et ne ressemble pas à ce que j'ai pu voir sur les photos ou à la TV. Je relis une fois de plus la recette, rien ne semble anormal. Tiens, il reste le beurre sur la table. Mais que fait le beurre sur la table ?, m'enquiers-je. Ben oui, il fait quoi le beurre sur la table ? Grrrr, j'ai loupé un truc. Crotte de bique à poils longs ! Je relis encore (oui encore !) la recette et mazette, la boulette pour les chouquettes (et en plus je fais des rimes, ça m'inquiète. Celle ou celui qui ponctue avec quéquette, je lui fais avaler mes chouquettes tout d'un coup). Ah mais non, c'est pas possible, il fallait mettre le beurre dans l'eau. Bon, pas grave, je vais le mettre maintenant. Ce qui compte, c'est que tous les ingrédients y soient, non ? Et puis, ça épaissira peut-être (certainement, pas du tout - rayer la mention inutile) l'appareil. N'écoutant que mon courage moi, je m'exécute. Ben, c'est toujours aussi liquide mais au moins, le beurre est mis. Et en cuisant, ça va durcir et gonfler.

Et là, ça commence à se gâter. Je dois remplir la poche à douille avec le bon embout. J'ai déjà testé l'expérience poche à douille avec les macarons et ce ne fut pas un franc succès, mais je suis d'humeur conquérante en ce mercredi ensoleillé. Dans mon tiroir secret, je retrouve une poche et des embouts mais lequel dois-je prendre ? Je réfléchis, je tergiverse et je me décide pour un embout sans fioritures car ce ne sont que des chouquettes. Je sors ma maryse et commence à remplir la poche, guillerette inquiète, très inquiète. Un truc me tracasse. Ah, je sais, j'ai oublié de préparer ma plaque avec le papier sulfurisé. Je pose la douille à moitié remplie d'un appareil qui ne demande qu'à s'échapper (trop liquide ce truc, c'est bizarre quand même car hormis le beurre, j'ai suivi la recette à la lettre). Je coupe le rouleau de papier sulfurisé et pose tant bien que mal sur la plaque une feuille qui s'enroule sur elle-même. Satané rouleau à papier sulfurisé !, peste-je. Idée de génie (en vrai apprise lors ducours de macarons chez Gaston L.), je mets un peu d'appareil sous la feuille pour qu'elle ne se rebiffe pas. Gagné, elle se tient tranquille. Non mais, c'est qui le chef ? Je reprends le remplissage de ma poche. Et là, c'est le drame. J'ai oublié de bien tirebouchonner la poche au niveau de l'embout, l'appareil s'échappe allègrement et se répand sur la table et la plaque. Je me bats, je stresse, je biiiiiiiiiiip, j'en ai plein les doigts, grrrrrr, maugrée-je. Ouf, Jolie Maman est de retour de ses emplettes et me découvre en proie au désespoir. J'accepte l'option joker. Elle m'aide comme elle peut pour finir de remplir la poche. Enfin, je commence à dessiner des espèces de lombrics sur la plaque mais c'est trop liquide et je n'arrive pas à arrêter l'appareil de manière pro. Jolie Maman m'encourage et me soutient moralement tout en me confiant qu'elle faisait régulièrement des chouquettes dans des temps plus réculés et que mon appareil est bizarre (oui mais j'ai suivi la recette à la lettre (enfin presque) et j'ai mis tous les ingrédients). Voilà, la plaque est finie mais il reste encore plein d'appareil et forcément je n'ai préparé qu'une plaque, confiante que j'étais... Et forcément, j'en ai plein les doigts (c'est pourquoi vous ne verrez aucune photo en cours de dressage des choux contrairement à d'autres blogs culinaires qui vous montrent la recette pas à pas). Heureusement qu'aucun chef ou grand pâtissier n'est entré dans ma cuisine à ce moment fatidique car il aurait eu une attaque. Christophe Michalak, rentre dans mon corps pour dompter cette poche rétive (oh oui ! Oups, mais je m'égare). Je vous rappelle juste que même un mioche peut le faire...Je veux dire "faire des chouquettes" bien sûr. Du coup, je donne des ordres à Jolie Maman (qui ne répond pas "Oui Chef !" car je suis peu crédible dans ce rôle) pour dresser d'autres plaques avec du papier sulfurisé pendant que j'essaie de maîtriser l'appareil toujours aussi sauvage. Au bout de 4 plaques de chouquettes plus ou moins régulières (facile de se moquer), je viens à bout de l'appareil. En vrai, je décrète que ça suffit, y'en a assez. Et hop, au four ! Mmmmm, et c'est ki ki va se régaler à l'heure du goûter ??? Oups, oups, oups, j'oublie que j'ai mis délicatement des grains de sucre sur chaque chouquette avant d'enfourner les plaques. Eh, je suis blonde mais pas que. Je fais des chouquettes, Môa, pas de vulgaires choux ! Et à la sortie du four, voilà ce que ça donne. Vous allez être surprises car vous vous dites que ça a dû louper son truc vu comment elle s'y est prise. Tadame !!!

chouquettes 2Chouquettes vues du dessus - photo de môa

chouquettes 1Chouquettes vue de profil et de plus près - photo de môa

Je confirme, c'est surprenant mais ce sont bien des chouquettes. Et je confirme que ça a loupé. Mais attention, si ces chouquettes ont eu un coup de pompe, elles n'en étaient pas moins délicieuses. Comme le Canada Sec, ça a le goût des chouquettes mais ce ne sont pas des chouquettes. Z'avez vu, on voit bien les grains de sucre. OK, il y a des chouquettes plus bronzées que les autres mais c'est parce que le four était trop chaud pour la deuxième fournée. J'ai rectifié le tir pour la troisième fournée. Je crois que je sais ce qui n'a pas marché : 1° le beurre oublié au début de la recette, 2° l'appareil pas assez sec, 3° le four trop froid au départ et 4° le four trop chaud après. A ce jour, je signale tout de même que tout a été mangé et que personne n'a été malade. Mais je ne m'avoue pas vaincue. Comme pour les macarons, 100 fois sur le métier, remets ton ouvrage.

- Barbie, second du second du second du second, bref dernière de la brigade de Christophe Michalak -

PS : Christophe (entre pâtissiers, on peut se tutoyer), si tu me lis (on peut toujours rêver mais il n'y a que la foi qui sauve), je veux bien te donner ma recette de chouquettes. Euh, je veux dire que je suis preneuse pour un stage de chouquettes. Et aussi de macarons. Et aussi d'autres recettes. Tant qu'à faire de me déplacer, autant rentabiliser mon ticket de RER.