Amies fidèles, bien le bonjour,

Avant-propos : ce nouveau billet s'adresse de préférence à un lectorat pêchu et heureux de vivre. Ames en peine ou en perdition, amies suicidaires que vos errances noctures ou diurnes ont mené sur ce blog, passez ce billet et jetez plutôt votre dévolu sur les billets précédents qui sauront vous faire reprendre goût à la vie. Quant à vous, amies fidèles, ne vous laissez pas atteindre par le pathos du billet car je vous aime quand même beaucoup, voilà, ça c'est dit !

Plantage du décor : par je ne sais quel hasard, voilà maintenant quelques semaines que j'emprunte des livres à la médiathèque alors que je suis plutôt une annexe de la librairie de la rue d'à côté. Est-ce la crise financière qui me pousse à emprunter plutôt qu'à investir, je ne saurais répondre ? Toujours est-il que j'ai déjà emprunté 4 livres moi qui déteste lire un livre qui a déjà été lu par d'autres avant moi. Laissons Freud et ses acolytes cogiter sur mon cas et passons au vif du sujet.

Vif du sujet : alors que je déambulais dans les allées de la médiathèque en proie au désespoir littéraire, mon oeil affûté distrait tombe sur ces 2 livres :

Sylvia
Sylvia de Leonard Michaels

J'ai choisi ce livre parce qu'il se passait à NY dans Greenwich village, quartier que nous avons "habité" pendant une semaine cet été. Voulant jouer les New-Yorkaises, je me suis dit qu'en prenant ce livre je retrouverais des lieux qui m'étaient déjà familiers et que j'aurais l'impression de me sentir plus proche des personnages. Bien mal m'en a pris. Même si j'avais lu la 4ème de couverture et que j'ai lu ce livre jusqu'au bout, j'ai cru que j'allais déprimer tellement l'histoire est glauque et sans issue. Ca se passe dans les années 60, jusque là tout va bien. Il s'agit d'un couple dont on suit la lente auto-destruction grâce à la névrose de la nana. Oui, on peut dire "grâce à" et "non à de" cause tellement c'est sa faute. Son type est vraiment cool car elle lui en fait voir de toutes les couleurs. Comment peut-on saboter autant un couple ? Qu'est-ce qui poussait ce type à rester avec une telle nana ? De la pitié ? De la lâcheté ? De la culpabilité ? De l'empathie ? Bref, toujours est-il qu'à la fin, elle lui arrache un oeil qu'elle avale goulûment avec de la confiture de fraises. Lui, pour se venger, lui envoie le pot de Nutell* à la tronche sauf qu'il rate sa cible car il ne voit plus que d'un oeil et le pot passe à travers la fenêtre pour atterrir sur une pauvre mamie qui promenait son chien... Vous ne pensiez tout de même pas que j'allais vous raconter la fin. Même sous la torture, je ne vous dirai rien. Mais alors, se demande le lectorat en transe, doit-on lire ou pas ce livre qui ne fait pas partie des nouveautés de l'année ? Ben, ça dépend si vous voulez vous rassurer sur l'état de votre couple après plus de 7 ans de vie commune et que vous trouvez que vous vous encroûtez ou si vous hésitez encore entre la tête dans le four ou le rasoir Bik. Si vous postez un commentaire, alors je saurai que finalement votre mari, malgré une légère surcharge pondérale et une calvitie naissante ou avérée, est toujours aussi sexy et que ses chaussettes qui traînent régulièremement au pied du panier à linge ne vous incommodent pas plus que ça.

Le fils
Le fils de Michel Rostain

Là aussi, sujet glauque. En effet, est-ce l'automne et ses feuilles mortes qui m'attirent vers une littérature un tant soit peu déprimante en ces temps de disette solaire et d'abondance pluviométrique ? Bon, à la différence du livre précédent, j'avais entendu des critiques positives à la radio un matin de janvier lors de la sortie de ce livre. En gros et pour faire court, l'auteur devient orphelin de son fils. Non, je ne vous révèle pas la fin du livre puisqu'on le sait dès le début. Tout en étant tendre et émouvant, on se surprend tout de même à sourire, notamment lors de la scène de l'incinération, ce qui m'a rappelé un très bon film vu dernièrement : Adieu Berthe - l'enterrement de mémé. "Alors on lit ou on ne lit pas ce livre ?", demande le lectorat tout fébrile. Sans hésitation, oui on le lit mais pas un jour de déprime totale, genre je n'ai plus de briquet pour allumer le four au gaz, ou mon mec se rase avec un rasoir électrique, ou encore si je n'ai plus de corde est-ce que je peux prendre de la ficelle de cuisine ? Vous voyez le genre.

Après ces 2 oeuvres pleines de vie (;-)), voici mes autres lectures récentes :

Le palais de verre
Le palais de verre de Simon Mawer

Alors, alors... Oui, oui... mais non. Je suis un peu partagée. Le sujet central est une maison style Frank Lloyd Wright et Le Corbusier dont on suit l'évolution à travers l'histoire d'un couple tchèque fortuné et l'Histoire de l'Europe à partir des années 20. L'histoire était prometteuse car j'adore l'architecture des années 20 et ces architectes en particulier mais au final, j'étais déçue. J'ai trouvé ça un peu QQ et on survolait plus qu'on ne traversait les années de guerre et d'après-guerre. On passe un bon moment mais je n'ai pas trouvé que c'était de la grande littérature. Je vous rassure, je ne recherche pas du Balzac ou du Proust non plus mais j'aurais aimé voir un peu du style de Paul Auster par exemple. A lire quand même car pas désagréable... Je vous aurai prévenues.

Ensuite, je vous ai sélectionné ce roman :

Double faute
Double faute de Lionel Shriver

Que ce soit clair, si vous ne connaissez rien au monde du tennis et que ce sport ne vous intéresse pas, ce n'est même pas la peine de le lire car vous vous ennuirez royalement. Maintenant, si vous voulez voir comment Eric et Willy (il s'agit bien d'une femme) gèrent leur ego et leur perfectionnisme, leur rivalité professionnelle et amoureuse et que vous n'avez pas peur des longueurs et des coups de mou, alors c'est pour vous. Assurément, je ne suis pas restée insensible à ce roman mais je ne peux pas non plus dire que je l'ai dévoré d'une traite. J'ai été tout de même assez captivée bien que certains passages étaient à la limite du supportable de part la personnalité complexe de Willy. 

Et je finirai par ce roman :

 Un jourUn jour de David Nicholls

Là pour le coup, c'est super romantique mais très bien pour l'été. J'ai accroché dès les premières pages. Bon d'accord, il y a quelques clichés mais ce roman est captivant, on n'a pas envie que l'histoire se termine car à la fin, il se trouve que... Je ne savais pas que le livre avait été adapté au cinéma. Aurai-je envie de le voir ? Je ne sais pas car je me suis fait ma petite idée sur le genre des personnages, des lieux et j'aurai peur d'être déçue en voyant une autre perception de la même histoire. Pour vous mettre l'eau à la bouche, Emma et Dexter se rencontrent à la toute fin de leurs années d'études. S'en suivent 20 années d'une très grande amitié et complicité. On suit leur histoire tous les ans à la même date, ce qui est très original et assez amusant. Mais je vous laisse découvrir la suite par vous-même. Même si j'ai qualifié ce livre de roman estival, il n'empêche qu'il est également parfait pour les soirées automnales et les après-midis hivernales.

Bon, vous en avez assez ou je continue ? Passe ke j'en ai encore plein en stock si vous voulez mais je sens que je vous saoûle et pis c'est pas tout ça mais vous êtes encore en peignoir-culotte (tiens, tiens, ça me rappelle quelqu'un), les enfants vont rentrer de l'école affamés, gentil mari demandera ce qu'il y a grailler ce soir et vous répondrez : "Ah mais tu te rends pas compte, toi, de la journée de folie que j'ai eue ! J'ai pas arrêté 1 minute..."

- Barbie, bibliophile avertie et responsable de la gestion des fiches d'emprunt de livres depuis le départ à la retraite de Melle Le Ponsec à la bibliothèque de Kervadec -

PS : j'ai oublié mais vous vous en fichez peut-être. J'ai repris la course de fond à fond et c'est bien agréable. D'ailleurs, je me suis fait une petite virée de 20 km 100 % nature dimanche dernier sous le soleil automnal et c'est très encourageant pour la suite. A l'arrivée, même pas mal nulle part, un chrono inespéré, un souffle de jeune fille, une banane jusqu'aux oreilles et un bisou du Ken en prime. Bon je vous passe le départ avec 5 passages au moins aux toilettes, un trac de jeune premier sur les planches, un vague aperçu du soleil timide dans la brume matinale et revigorante et un entraînement plus que léger pour une telle distance. Nous étions 700 coureurs maboules à fouler les chemins vicinaux de la forêt de Fausse Repose de Vaucresson et je pense que nous serons au moins autant l'année prochaine tellement c'était sympa.